Migrações e construções religiosas entre África e Europa. Articulando campos, métodos transnacionais e novas escritas em um mundo em transição.
Autor(es) : Sophie BavaResumo: Suivre les constructions religieuses des migrants originaires d’Afrique Subsaharienne vers l’Afrique méditerranéenne et l’Europe n’était pas forcement mon idée de départ. Mais au moment de ma thèses sur les Sénégalais mourides entre le Sénégal et la France, les frontières se fermait déjà et l’Europe de Schengen installait son modèle de sécurisation des frontières et de contrôle des migrations, qui depuis lors n’a fait que se renforcer. Mes terrains se sont alors adaptés à ces nouvelles contraintes que subissaient les migrants et pour lesquels les pays d’Afrique méditerranéennes devenaient des espaces d’installation, tout comme pour nombre d’entre eux l’Amérique latine. Je suis ainsi passée de l’Afrique Subsaharienne au mondes arabes et de l’islam au christianisme en faisant une anthropologie par le bas où les routes et les régimes de mobilités nous permettent de mieux comprendre les constructions religieuses contemporaines. Je parlerai de ces terrains et des méthodes que j’ai utilisées pour m’adapter et construire une anthropologie religieuse du mouvement, mais j’évoquerai également d’autres formes de transmissions. En effet, sensible aux émotions que je rencontrais dans les lieux de cultes et les espaces de prière au Maroc lors de mes recherches auprès des migrants chrétiens originaires d’Afrique subsaharienne, je me suis attachée à trouver les moyens de les traduire. Les mots ne me semblaient plus suffirent et, dès 2016, j’ai commencé à travailler avec un photographe. Dans cette communication je retracerai les étapes de ce travail empirique à plusieurs regards, laissant une place à une personne ayant un autre métier dans une observation partagée. Je reviendrai sur les pratiques de terrains partagés, les nouveaux protocoles mis en place avec le photographe et les acteurs religieux, ainsi que la fabrication d’un nouvel objet entre art et science permettant de transmettre sur plusieurs fronts une analyse des migrations africaines et des constructions religieuses au Maroc. Sur un sujet aussi médiatisé que les migrations, travailler empiriquement avec d’autres personnes (artistes, leaders religieux, théologiens) permet de décaler notre regard, d’enrichir nos approches épistémologiques et de s’autoriser d’autres espaces de transmission.